22/07/2008
Une rentrée qui s'annonce difficile.
Autant le dire tout net, la rentrée 2008 s'annonce d'ores et déjà difficile pour les étudiants de France. Poursuivant sa politique de casse du service publique, le gouvernement Fillon – par le biais de la ministre Pécresse – semble bien décidé à en finir avec l'enseignement supérieur ouvert à tous. Qu'il s'agisse d'instaurer une sélection déguiser à l'entrée des universités ou de diminuer les aides à destination des étudiant, tout l'arsenal de la droite au pouvoir est mis en branle.
Cela commence avec l'application d'une des mesures inscrite dans la loi LRU (Liberté et Responsabilité des Universités), « l'orientation active », qui sous couvert de conseiller les nouveaux bachelier, vise en réalité à dissuader une partie d'entre eux de s'inscrire à l'université. Il s'agit donc d'une première barrière d'ordre administratif mise à l'entrée de l'université.
Une seconde barrière a été instaurée de manière plus insidieuse par le gouvernement, il s'agit de la baisse des aides sociales en direction des étudiants. Sous couvert de remaniement des critères d'attribution, le ministère de l'enseignement supérieur exclu un certain nombre d'étudiants du système d'aide social, notamment les étudiants handicapés et ayant une famille à charge. Il s'agit là d'une barrière sociale, d'un accroissement de la sélection par l'argent à l'université.
Dès à présent, on peut voir que le nombre d'inscrit à l'université diminue dans de nombreux endroits en France, conséquence directe de la politique de messieurs Sarkozy, Fillon et de leur séide Valérie Pécresse. Ces bacheliers non-inscrits à l'université vont-ils trouver un travail ? Un autre type de formation ? Cette baisse du nombre des nouveaux étudiants sera-t-elle profitable à la génération qui arrive ? Tout laisse à penser que non.
La plupart des études le montrent, ceux qui sortent du système scolaire sans véritable formation sont pour la plupart destinés à la misère du chômage ou à celle – à peine plus faible – du travail précaire. Voilà ce que les mesures du gouvernement destinent aux jeunes : la misère ou l'exploitation. Le système universitaire doit changer, il doit permettre à chacun d'accéder à l'enseignement supérieur et d'y réussir, pour cela, il faut assurer à chacun la possibilité matérielle d'étudier.
Cela passe entre autre par la construction massive de logements étudiants, l'augmentation de l'aide à destination des étudiants et la réduction du coût des études, mais cela passe surtout et de manière urgente par l'arrêt de la politique actuelle du gouvernement. Dès à présent sur les chaines d'inscription et dès la rentrée sur les universités, il faudra se mobiliser pour que ces revendications deviennent une réalité.
11:10 Publié dans Enseignement supérieur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : étudiant, pécresse, social
30/01/2008
Non à la franchise médicale !
La réforme de la sécurité sociale engagée par le gouvernement de François Fillon appelée "franchise médicale" vise officiellement à "responsabiliser" les malades. Comment fait-on pour "responsabiliser" un malade ? Simple, en lui faisant payer lui-même ses soins.
Concrètement par quoi cela se traduit-il ? Premièrement, un transport sanitaire ne sera plus remboursée totalement comme c'était le cas auparavant, une franchise de deux euro ne sera pas remboursée ; deuxièmement, sur chaque boite de médicament acheté, cinquante centimes ne seront pas non plus remboursés. Il faut ajouter à cela un euros non remboursé par consultation chez un médecin conventionné. Le tout avec tout de même une limite de 50 euros de franchise par an. Cette loi est inégalitaire et nuisible, et ce pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, cette franchise ne fait que réduire encore la solidarité entre les citoyens, cinquante euros par an par malade c'est autant de recul pour les droits collectifs. Ensuite, cette mesure ne pénalise ou ne "responsabilise" que les plus pauvres. En effet, cette mesure ne changera pratiquement rien à la vie des plus aisés. Il semble que la "responsabilité" si chère à notre gouvernement ne soient pas exigée pour tous mais seulement pour ceux qui n'ont pas les moyens d'y échapper. Enfin, cette mesure constitue une menace pour la santé publique, c'est une incitation à ne pas se soigner pour ceux qui ont besoin d'aller souvent chez le médecin ou d'acheter beaucoup de médicament. Ne l'oublions pas, les femmes et les hommes ne vont pas chez le médecin que pour se faire prescrire des arrêts de travail et ne se rendent pas chez le pharmacien uniquement pour acheter de quoi soulager des maux de tête. Un bon nombre de personnes (vieux, malades du SIDA...) sont obligés de suivre des traitement lourd et de consulter très régulièrement des médecins, ce sont ces personnes là qui vont le plus souffrir de cette réforme. La responsabilité en l'occurence est donc celle du gouvernement, responsabilité envers tous les citoyens, quelque soient leur âge ou leur pathologie.
Inacceptable sur le fond et catastrophique dans la pratique, cette réforme n'est qu'une des nombreuses attaques que la droite au pouvoir lance contre les intérêts de la majorité. Les étudiants que rassemble la TUUD combattrons donc fermement cette politique, pas par "principe" mais bel et bien parce que les étudiants font partie des populations à qui cette réforme va être le plus nuisible. L'enquête réalisée par la LMDE (La Mutuelle Des Etudiants) montre que près d'un étudiant sur quatre a déjà renoncer à se soigner pour raison financière, cette franchise médicale ne peut donc que nous être défavorable. Les intérêts des étudiant ne sont pas différents de ceux de la majorité de la population, c'est ensemble que nous souffrons, c'est ensemble que nous nous battrons !
Pour en savoir plus :
- Lettre d'un malade responsable
- La réforme elle-même
10:30 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : santé, social, étudiant